BIO

Fauve Du Tilly-Lefebvre

C'est dans un environnement près de la nature et où la réutilisation était encouragée plus souvent qu'autrement que Fauve a grandi et que se sont ancrées en elle les valeurs fondamentales de responsabilité, de durabilité et d'autonomie.

Aujourd'hui, elle considère que chaque chose a sa place et que tout est connecté dans un système inévitable d’interdépendance, dans le respect duquel l’harmonie se crée. Voilà de façon très sommaire la racine de son élan à être et à créer : exister authentiquement, tout en acceptant la rencontre avec l'extérieur, qui donne et qui prend. Et rechercher la fluidité de cette danse, comme un guide.

Après le Cégep Marie-Victorin, d'où elle a obtenu son diplôme en 2006, Fauve s'est consacrée à l'apprentissage du métier par la voie de la coupe et de la confection.

Sa première école sur le marché du travail a été le Cirque du Soleil, et elle en est sortie avec cette compréhension : chaque jour ouvre un nouveau champ des possibles. Là-bas, comme auprès du maître tailleur Sunil Shetty à Londres, dans l’atelier de Mylène B ou à l'Opéra de Montréal, elle a collectionné les gestes du métier, consciente de leur valeur et de leur potentiel.

Forte d'un savoir-faire technique bien intégré, voici la quête qui motive sa pratique à présent :

Imposer une lenteur pour tenir tête à tout ce qui se presse.

Ceci se dessine en trois axes : infuser du lien dans le métier, éveiller les sensibilités en dévoilant le processus, et bien entendu, faire un usage judicieux de la matière.

Une femme souriante avec des cheveux foncés et bouclés, portant une chemise beige à manches retroussées, et tenant un manteau en jean sur son bras gauche, debout dans une pièce avec un mur blanc et un plancher en bois.

Le sur mesure - une collaboration

Le sur mesure commence par une conversation.

Chaque personne entretient une relation différente avec le vêtement.

Avant de parler de tissus ou de coupes, j'aime comprendre les usages, les habitudes, les mouvements du quotidien. Ce sont souvent eux qui dessinent les meilleures solutions.

Le vêtement prend forme progressivement.

Les essayages servent à en ajuster les proportions, mais permettent aussi d’aligner le projet avec la vision commune. C’est une recherche d’équilibre, de justesse.

Le vêtement se construit autant dans le dialogue que dans l'atelier.

Je considère le sur mesure comme une collaboration, la rencontre de deux univers.

Mon rôle est de traduire une idée, un besoin ou une sensation en un objet durable et inévitablement, j’y laisse une part de moi.

Le processus transforme la matière et transforme aussi celle ou celui qui crée.

Une personne tient un crayon et travaille sur un croquis ou un patron sur une feuille de papier, avec une bobine de fil en premier plan sur la table.

La démarche (itérative)

Je ne cherche pas à fabriquer plus, ni plus vite.

Je cherche à fabriquer avec intention. Je crois que la valeur d’une chose réside dans le soin qu’on lui accorde et dans sa façon de s’harmoniser avec le tout.

Les choses changent à chaque instant, c’est pourquoi je m'intéresse davantage au mouvement qu'à la perfection. Au coeur de ma pratique sont l’exploration, la recherche et le jeu.

Une création peut être aboutie tout en demeurant ouverte. Chaque pièce nourrit la suivante. Chaque projet permet d'aller un peu plus loin sans renier ce qui l'a précédé.

Créer est une pratique vivante.

Tout est itération.